JOURNAL D'UN PLASTICHIEN

Ajoutons qu'avant chaque nouveau chantier il est nécessaire de repeindre tout en blanc,
c'est long, fastidieux mais indispensable.

LE CHANTIER

 

C'est par définition le chantier du futur et (en toute modestie) celui de la mondialisation.
De Lyon.
On y embauche des travailleurs du monde entier (préfèrant débaucher les travailleuses) pour des salaires à débattre éternellement.

" C'est un bien joli chantier, il manque juste quelques élégantes grues qu'on regarde du dessous ! " commente le plastichien à pied d'oeuvre pour le chef d'oeuvre, car cette fois c'est la bonne.
Afin d'éviter le syndrome de la tour de Babel*, on ne parle que le javanais ce qui ralentit considérablement les travaux

" TAVU PAVEUX PAVAS MAVE PAVASSAVER LAVES CLAVOUS ? " ( Tu peux pas me passer les clous ?)
" AVATTAVENTAVION AVA LAVA PAVOUTRAVELLAVE !!! " (Attention à la poutrelle !!!)
Trop tard. Diagnostic :
Tête fendue droite et gauche, c'est un accident du travail esthétique fréquent.

* Babel : Nous avons bien une tour mais elle n'est pas belle ; normal, c'est une Prédalle.
Avec sa bizarre pyramide posée dessus elle ferait plutôt égyptienne, de la basse époque (celle de Toutankharton Path).
Cependant elle a tout d'une grande même si elle ne gratte que le bas du ciel.

Ni vacances, congés maladies ou grèves possibles car la paveintavure, comme le temps et le coeur, ne doit jamais s'arrêter.
Sinon pour mieux repartir ; c'est donc un chantier sans sortie.
Une vraie rareté.

 

Le maître d'oeuvre vient souvent sur le lieu commun du travail encourager son petit monde :
" Volontaires désoeuvrés, héros sans missions précises, purs glandeurs, bénévoles sans buts lucratifs, mystiques sans dieux et fanatiques sans fanatisme, je ne vous comprends pas ... Mais je vous aime bien quand même, la preuve : double ration de fixatif pour tout le monde ! "
" MAVERCAVI PAVATRAVON ! "
Mais le plastichien sait aussi ce qu'il veut, artistiquemet parlant.

 

" Monsieur Plus ajoutez donc encore une brouette de ce pigment carmin ... "
" Lissez-moi ce glacis pistache à l'aplatisseur en prenant bien soin d'éliminer les taches rebelles ! "

 

Malgré les obstacles culturels il reste confiant :
" Avec une pareille équipe nous ne craignons plus que le sabotage, la malveillance, le vandalisme, la jalousie, les contradictions, l'inspection du travail fini et le mauvais goût. "


Ici on travaille jour et nuit, eight days a week et par tous les temps.

Vu qu'on est à l'intérieur.

Si tu aimes la peinture fais-en, c'est bien ; mais j'aurais préféré pélican...
Car on ne les élève pas.


Quelle fierté devant le devoir accompli :
" Cette fois nous tenons la bonne couche picturale ! "

 

 

Le plastichien obéit à l'injonction du gallinacé (en fait il ne fait jamais qu'obéir) et nous offre ces dernières chutes de chantier.

 

 
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